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Guy Poirot, Nancéien né à Ravensbrück, transmet l’histoire de sa mère

Éloïse Maréchal-Druon 2 min de lecture

Publié ce dimanche par estrepublicain.fr, le récit de Guy Poirot revient sur une histoire rare et profondément liée à Nancy et au Toulois. Né le 11 mars 1945 dans le camp de concentration de Ravensbrück, près de Berlin, le Nancéien transmet aujourd’hui la mémoire de sa mère, Pierrette Poirot, résistante déportée.

Pierrette Poirot vivait à Ménil-la-Tour, dans le Toulois. Agricultrice, elle aidait les résistants et les maquisards du secteur, notamment en les ravitaillant et en les accueillant ponctuellement sur l’exploitation. Selon estrepublicain.fr, elle est arrêtée par la Gestapo le 18 août 1944. Les Allemands font sauter la ferme et massacrent ses animaux.

Elle est d’abord emmenée à Écrouves, puis conduite à la Gestapo, boulevard Albert-1er à Nancy, où elle est brutalisée et interrogée. Elle est ensuite enfermée à la prison Charles III. Fin août, elle monte dans un bus vers la gare Saint-Georges, aujourd’hui disparue, avant d’être déportée vers Ravensbrück.

Une parole venue très tard

Guy Poirot savait depuis l’enfance que sa naissance n’était pas ordinaire. Mais, selon le récit publié ce dimanche, sa mère ne lui a parlé directement de Ravensbrück qu’en 2008, alors qu’elle vivait en maison de retraite à Saint-Max. Elle avait alors 95 ans.

Dans le camp, Pierrette Poirot porte le matricule 61146. Elle découvre la faim, le froid, les coups, les morts et les violences faites aux femmes et aux enfants. Ses camarades de déportation comprennent avant elle qu’elle est enceinte et s’organisent pour alléger autant que possible ses travaux forcés.

Guy Poirot naît dans le camp le 11 mars 1945. Il survit grâce à l’entraide, notamment en étant allaité par des Russes. D’après estrepublicain.fr, il fait partie des trois bébés français, sur 21 nés à Ravensbrück, qui ont survécu.

Un témoignage pour transmettre

Libérée fin avril 1945, Pierrette Poirot est exfiltrée en Suède avec son nourrisson avant de revenir dans l’Est auprès de sa famille. Guy Poirot a ensuite construit sa vie, travaillé à l’ENACT et est retourné presque chaque année à Ravensbrück.

Aujourd’hui âgé de 81 ans, il multiplie les conférences pour raconter le destin de sa mère et la mémoire des femmes et des enfants victimes du nazisme. Il dit encore être marqué par cette naissance dans un camp : « Ça me perturbe encore ».

Source : estrepublicain.fr

Éloïse Maréchal-Druon

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